Désilage en cuma et cahier des charges en alimentation “sans OGM”

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Produire du lait en Cuma désilage Mixte ? Oui c’est possible !
Afin de répondre aux exigences des consommateurs, l'interprofession laitière travaille sur la création d'un cahier des charges non OGM qui  vise à harmoniser la démarche entre les différents acteurs de la filière. En Allemagne, la filière non OGM se développe fortement portée par une  demande croissante. Alors qu’il existe une certification reconnue, le Vlog outre Rhin, les exigences réglementaires ne sont pas les mêmes entre nos deux pays.La France se doit donc d’avoir son propre cahier des charges.

Encore en cours d’élaboration, des tests terrains sont mis en place pour vérifier sa faisabilité et entériner sa validation. La démarche concerne autant l’amont que l’aval. Ainsi les éleveurs mais aussi les entreprises de transformation devront être certifiés et seront contrôlés. Les échantillons testés ne devront pas contenir plus de 0,9 % de traceurs “OGM”.
Sont analysées les matières premières qui composent les rations et « concentrés » et qui représentent un risque présent dans les échantillons de l’exploitation ciblée.
Le pourcentage d’ADN “ogm” est calculé pour chaque matière première (maïs, soja, colza, …) et non pour l’ensemble de l’échantillon.

Résultat conforme : chaque matière première de l’échantillon analysé a un résultat < 0,9 %
Résultat non conforme : au moins une matière première de l’échantillon analysé a un résultat > 0,9 %

Le partage de matériel de distribution, en cuma de désilage automotrice, entre exploitations dites « mixtes » (exploitations certifiées et non certifiées “sans OGM < 0,9%”) comporte des risques de contamination croisée. Il est alors apparu nécessaire de réaliser des échantillonnages, afin de mesurer ce risque et ainsi intégrer la  possibilité du désilage en commun dans les exigences du cahier des charges rédigé par le CNIEL.

A ce jour, la fédération des Cuma Normandie Ouest réalise des essais désilage pour mesurer ce risque de contamination croisée et trouver des leviers opératoires.

Actions engagées :
Elaboration d’un protocole de test pour mesurer le risque de contamination en désilage mixte (conventionnelle et nourri sans OGM) avec trois cas de figure :
Cas 1 : Ration humide (maïs ensilage) sans nettoyage à la paille
Cas 2 : Ration humide (maïs ensilage) avec nettoyage à la paille (20 kg)
Cas 3 : Ration sèche (concentré de soja) avec nettoyage à la paille (20 kg)
Pesées de fonds de cuve et prélèvement d’échantillons pour  analyses en laboratoire (Analyse des traces d’ADN “ogm”/ matière première de ration)

Contact avec les constructeurs pour réfléchir aux améliorations des machines
Réunions réseau Cuma pour élaborer un document d’aide aux Cuma sur les préconisations et les mesures à prendre

1er résultats :
  Plus les résidus de fonds de cuves sont faibles, plus le risque de contamination est limité. En effet, certains évènements génétiques sont détectés mais sont en quantité trop faibles.
   L’élimination des résidus de fond de cuve par le biais d’introduction de paille entre 2 mélanges pourrait être une méthode de nettoyage suffisamment efficace.

Préconisations et mesures: (Hiérarchisation des mesures)
1. Installation d'un cône en tête des vis ainsi que d’un racleur en pied. photo 1
1. bis: Des salariés compétents et formés  (Un chauffeur capable de juger de la qualité du mélange en adaptant les temps et les vitesses de mélanges, en mettant les contre-couteaux ou non, joue un rôle déterminant)
2. entretien de la machine : couteaux et racleurs en état, réglés et changés régulièrement
3. vitesse de rotation accélérée des vis. (diminue les fonds de cuve grâce à un système d'accélération des vis de mélange en fin de vidange)
4. Ajout de racleurs souples en pieds de vis. 
5 Nettoyage en fin de cycle par paille ou ration sans concentrés. (à distribuer ensuite aux génisses. Attention au cout : 1,5 €/mn si 3' > 1400 € par an + 20 kg herbe c'et 2 € par jour donc 600 €)
6. Regrouper  et adapter la tournée par exploitations certifiées et non certifiées. (10 km c'est 200 heures X 60 €/He = 12 000 €)

le Cniel a pris les décisions suivantes :
L’introduction de paille doit être réalisée entre chaque utilisation de la désileuse automotrice entre exploitations mixtes afin de procéder à un « rinçage » du matériel et limiter les résidus de fond de cuve
(cette exigence n’est pas applicable entre 2 exploitations engagées dans une démarche « sans OGM »).
L’échantillonnage n’est plus demandé dans le cadre de notre démarche.
Une analyse de la ration  devra être réalisée entre chaque audit externe, tous les 2 ans. (résultat à fournir lors du contrôle par l’organisme certificateur). 
Document à fournir par l’exploitation : règlement intérieur de la CUMA comprenant une partie décrivant clairement les procédures et mesures prises.(voir liste des solutions hiérarchisées ci dessus)
Une prochaine session d’essais avec échantillonnage et mesures de résidus est programmée avec différents modes opératoires.

Accompagnement de la fédération Normandie Ouest par une offre de formations
Les groupes  continuent de développer leurs prestations avec chauffeurs. Une dizaine de nouveaux postes  ont été créés en 2019. 
Aussi, la fédération actualise ses accompagnements pour répondre aux  interrogations et propose des solutions.  Ainsi des dates de  formation en juin 2020, dédiées aux chauffeurs de désileuse, seront axées sur : l’éco-conduite, l’entretien de la machine et les pratiques de mise en conformées à la filières sans OGM.

Frédéric LAVALOU
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