Le co-compostage : une nouvelle alliance entre ville et campagne

Co compostage
Une filière de qualité et locale se met en place dans la Manche autour du compostage des déchets verts avec le fumier. Le co-compostage sera pris en charge par Cuma Normandie Compost et l’agriculteur sera indemnisé pour la manutention par tonne de déchet vert reçue.







Mercredi 14 septembre, près de 30 participants ont assisté au bout de champ sur le co-compostage qui s’est tenu au GAEC Bouchefontaine, à Canisy.

Le co-compostage consiste à mélanger déchets verts et fumier et créer des conditions d’aération, humidité et température pour que des microgranismes transforment la matière organique présente. Ce procédé, le compostage, consomme de l’oxygène, émet de la chaleur, du gaz carbonique, de la vapeur et de l’ammoniaque. Le résultat est un produit stable, de couleur brune homogène qui s’émiette bien et dégage une odeur d’humus. Cette transformation réduit de 30 à 50% le volume initial, concentre les éléments fertilisants et détruit pathogènes et graines d’adventices.

Le compostage : près de 20 ans en Cuma dans la Manche !

En effet cette activité a été à l’origine de la création de la Cuma Ecovaloris (Cuma départementale) dans la Manche.
Aujourd’hui, le compostage par les Cuma de Manche, Calvados et Orne, c’est 5 retourneurs d’andain, 350 adhérents, 180000 tonnes de fumier composté pour 450 heures de rotor en 2015.
Les points forts reconnus par les adhérents : facilité d’épandage, un produit hygiénisé et homogène, sans odeur, une libération lente de l’azote et une réduction de volume à épandre (gain en temps et en charge de mécanisation).

« Les effets bénéfiques sur le sol se ressentent après quelques années », comme en témoigne Marc Françoise, le responsable de l’activité de la Cuma, « c’est comme un engrais de fond PK et le compostage permet une stabilisation de la matière organique. Il faut au minimum prévoir 2 retournements. ».

Coté économique, le compostage se trouve payé par la réduction de la facture d’épandage, ce qui constitue une opération blanche pour l’agriculteur.
Une tournée par mois est organisée par le chauffeur de la composteuse de la Cuma Ecovaloris, inscription auprès de la Fédération des Cuma de Basse-Normandie (0233064826).

Le co-compostage : une filière de qualité

Le co-compostage associe dans une démarche locale collectivités ou syndicats de déchets et agriculteurs du territoire.
Dans l’Orne, 50 000T de déchets verts ont été ainsi valorisés depuis la création de Cuma Normandie Compost. En 2006, des responsables de Cuma du bocage de l’Orne et la Fédération des Cuma de Basse-Normandie ont créé cette association pour répondre à des marches publics d’enlèvement et de traitement de déchets verts en co-compostage, ou pour contractualiser avec des acteurs privés (paysagistes, ESAT).
En parallèle, la Fédération de Cuma de Basse-Normandie continue de sensibiliser les groupes Cuma et les élus locaux à la gestion des déchets verts sur le territoire. L’objectif est d’augmenter les volumes traités en agriculture et de mettre en place une filière qualité avec un compost reconnu et conforme à la norme NFU 44-051.

Le principe :

  • Réception dans la fumière ou plateforme bétonnée (ou directement au champ si l’accès le permet) des caissons de 30m3 de tontes (environ 8T) et petites branches inférieure à 2cm de diamètre (livraison assurée par le syndicat des déchets).
  • Mise en andain au champ avec le fumier (50% tontes-50% fumier).
  • 2 passages de la composteuse pris en charge par l’association CUMA Normandie compost (pas d’avance de trésorerie par les agriculteurs)
  • Indemnisation à la tonne de déchets verts reçue pour le temps de manutention, transport et épandage induit.
  • Déchets verts apportés de mars à octobre (variable selon la météo)
Cas type : 200T de tontes reçue par une exploitation, à 10km maximum de la déchetterie (objectif 5 km).

Plus un amendement qu’un engrais

Pour être conforme à la norme NFU 44-051, le compost devra être analysé, ce qui est très utile car ses propriétés seront variables selon les ingrédients de départ.
Globalement, comme le témoignent ses utilisateurs, le compost doit être considéré comme un amendement pour améliorer les propriétés physico-chimique du sol (matière organique stable, meilleure CEC, apports CaO) ou comme un engrais de fond (riche en P et K). En effet, l’azote présent sera disponible seulement à hauteur de 10% l’année de l’épandage mais, si les apports sont réguliers, les arrières effets seront importants en année de croisière.
Le ratio C/N est aussi un paramètre à suivre de près, car plus il sera élevé plus il faudra anticiper son épandage par rapport aux besoins de la culture. En automne si le C/N est >20, comme un fumier mur si le ratio est plus faible. Plus facilement assimilables P (50-70%) et K (99%).

Du point de vue réglementaire, le produit est soumis aux restrictions d’un fertilisant de type 1 en zone vulnérable aux nitrates et pour les ICPE la distance d’épandage à respecter vis-à-vis des habitations descend à 10 m.

 

Agriculteurs du centre Manche : compostez des déchets verts avec votre fumier !

Cette année la filière a commencé à se mettre en place dans la Manche autour des déchetteries du Syndicat Mixte du Point Fort. Parmi les premiers adhérents, la Ferme Expérimentale de la Blanche Maison, qui s’apprête à épandre du compost sur ses prairies.
CUMA Normandie Compost recherche des agriculteurs intéressés dans la zone des déchetteries pour des arrivages de tontes qui vont redémarrer au printemps prochain.

Valérie LETELLIER, Fédération des Cuma de Basse-Normandie 0233064529, valerie.letellier@cuma.fr

Gabriele FORTINO, Chambre d’agriculture de la Manche, 0233064751, gfortino@manche.chambagri.fr


Avec la contribution financière du Conseil Départemental de la Manche et du CasDar


Démo co compostage

Démo co compostage 2

Le retourneur d’andain de la CUMA Ecovaloris : Débit de chantier : 400T/h au 1er retournement, 800T/h au 2ème retournement en co-compostage de déchets verts

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